Biographie
Une enfance au Puntettu
Le quartier, le père pêcheur, la mère livournaise, la JOC et les trois mille sifflets de la place Saint-Nicolas.
Avant d’être Tempête, il y a un gamin maigre du Puntettu, un des quartiers populaires de Bastia, qui fait rire les voisins pour exister.
Le quartier et la famille
Hubert Barbaggio naît à Bastia peu avant la Seconde Guerre mondiale. Son père, Albert Barbaggio, est pêcheur ; la mer et le vieux port sont le décor quotidien. Sa mère, née à Livourne, est arrivée en Corse à sept ans. Elle apporte avec elle le répertoire de la chanson populaire italienne, ces mélodies que l’on chante à table et que tout le monde connaît. C’est la première école musicale du futur chansonnier : une école sans solfège, où ce qui compte est qu’un air se retienne.
Le pitre des mariages
Très tôt, l’enfant se fait remarquer. Il anime les mariages du quartier, imite, improvise, cherche le rire. Ses modèles ne sont pas corses : ce sont Fernand Raynaud et les Compagnons de la chanson. De Raynaud il retient l’art du personnage et du détail quotidien ; des Compagnons, le sens du refrain collectif.
Le théâtre à la JOC
Vers dix ans, il rejoint la Jeunesse ouvrière chrétienne, où l’on monte des pièces. C’est là qu’il apprend la scène : tenir un public, placer un silence, finir une réplique. L’aventure s’arrête net quand ses camarades de troupe partent pour la guerre d’Algérie. Lui est réformé — il pèse alors quarante kilos, ce dont il rit encore.
Le soir où trois mille personnes l’ont sifflé
Adolescent, il s’inscrit à un concours de chant place Saint-Nicolas, la grande place de Bastia. Il chante les succès de l’époque. Au milieu du morceau, sa voix se casse : extinction de voix. Près de trois mille personnes le sifflent.
Il aurait pu ne jamais remonter sur scène. Il fait l’inverse : il reste au micro et leur répond qu’ils peuvent siffler, parce qu’un jour on entendra parler de lui jusqu’en dehors de l’île. Soixante-dix ans plus tard, il raconte encore cette soirée comme l’acte de naissance de sa carrière.
Fischjate puru…
La réplique qu’il lance au public qui le siffle — « sifflez donc »
Le travail d’abord
Il n’y a pas de conservatoire dans cette histoire. À quatorze ans, il est vitrier. Il travaille le jour, et le soir il va chanter dans les cabarets. Cette double vie durera des décennies et donnera à ses textes leur matière : les clients, les patrons, les administrations, les voisins, la file d’attente, le quotidien exact des Bastiais.
Lire la suite : ses mille métiers, ou d’où vient le nom « Tempête ».
Sources
- France 3 Corse ViaStella — Portrait : Hubert Tempête, la macagna comme philosophie de vie — Sébastien Bonifay
- France 3 Corse ViaStella — Chanson corse : Tempête pour l’éternité — Sébastien Tieri, 27 novembre 2018
- Sunemu.net — Hubert Tempête : paroles, accords et tablatures
Page rédigée par Yvan Barbaggio — dernière mise à jour le .